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San Luis / Las Quijadas

Sur les traces des dinosaures…

 


Le trajet vers San Luis s’est fait en deux fois, avec escale à Villa Mercedes, où l’on est arrivé tard. D’ailleurs, à part le petit hostel où on a dormi, on a pas vu grand-chose. Ah Si ! On a quand même assisté, en chemin, à un concert de rock décoiffant dans une église évangéliste ! Inattendu, mais plutôt cool!

Pourquoi se rendre à San Luis, ville un peu paumée au milieu du pays ?
Tout simplement parce que c’est le point de départ pour visiter le parc de Las Quijadas, et on  avait vraiment envie de voir ça…

J1 : Bêtes de somme…

Le terminal omnibus de San Luis se situe à l’extrémité est de la ville. Et nous, bien sur, on doit se rendre dans la banlieue excentrée, à l’ouest de la ville, et aucun bus ne va jusque là!

On a quand même pris un colectivo (bus de ville) jusqu’au centre ville, où une aimable dame nous a indiqué à quel arrêt il fallait descendre.
Ensuite, guidés par l’excellente application « MapsMe », on a parcouru la vingtaine de blocs nous séparant du quartier San Martin, dans lequel habite Diego, couchsurfer qui doit nous loger pendant notre petit séjour à San Luis.

 

chien Juanjo San LuisIl a fallu marcher près d’une heure, avec nos sacs remplis et de plus en plus lourds à chaque pas. On est arrivé à destination usés, trempés, éreintés… Et devant la grille noire de chez Diego, aucune sonnette, aucun moyen de le prévenir qu’on est là… On tape, on appelle… Aucune réponse… petite appréhension… Mais c’était sans compter sur Juanjo ! Gros toutou dont les aboiements ont fait sortir le maître des lieux.
Et voilà, on rencontre Diego, super sympa, qui nous fait visiter sa jolie petite maison et nous montre notre grande chambre. Rapidement, il nous explique le topo : on est ici chez nous, on fait ce qu’on veut, il fait sa vie, on fait la nôtre. D’ailleurs il nous file un jeu de clé et sort pour quelque heures, nous laissant nous écraser sur le lit pour quelques minutes de repos !

 

Après une bonne douche, on reprend la route (c’est bizarre, sans les sacs, c’est beaucoup plus facile !) direction le centre ville. On mange un truc sur la place principale, et on se met en quête d’une agence de transport pour se renseigner sur la façon de se  rendre au parc de Las Quijadas.
Avant de partir, Diego nous avait indiqué l’adresse d’une de ces agences. On l’a rapidement trouvée, et une fois les billets en poche, on a pu se balader tranquillement dans la ville.

Un peu plus tard dans la soirée, Diego nous a rejoint chez lui, et on a passé une bonne soirée à discuter… Un hôte super sympa !

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J2 : Parc national Sierra de las Quijadas

 

 

Le bus pour le parc Sierra de las Quijadas part à 8h00 à l’autre bout de la ville.

Hier soir, Diego nous a proposé de nous emmener jusqu’à l’hopital, où il travaille, qui n’est qu’à quelques blocs du terminal de bus, histoire de nous raccourcir considérablement le trajet. Mais finalement, il passe devant l’hôpital en disant « c’est là que je travaille ! » et continue sa route l’air de rien, pour nous déposer pile devant le terminal. Trop sympa !!
On le remercie chaleureusement et on profite de notre petite avance pour se prendre un café.

 

Accéder au parc de las Quijadas n’est pas une mince affaire !

Le bus fait en réalité le trajet de San Luis à San Juan et s’arrête en plein milieu du trajet, où un pauvre panneau tout rouillé indique l’entrée du parc national. Le chauffeur est carrément descendu du bus pour nous montrer le chemin à suivre afin d’accéder au parc!

Une fois déposés, et le bus parti, on se rend compte qu’on est au beau milieu de nulle part : une route, des montagnes, de la pampa… Et c’est tout !!

 

route dans la pampa Las Quijadas

 

En face, une route s’enfonce dans les collines. Le chauffeur de bus nous a dit d’aller par là, on y va.

 

» A l’assaut de Las Quijadas!

panneau d'entrée Las QuijadasEffectivement, environ 300m plus loin, une jolie pancarte indique l’entrée du parc. Quelques dizaines de mètres après, à l’accueil, un guide nous montre un plan avec les différents chemins de randonnées, puis une hôtesse nous vend les tickets d’entrée, en nous expliquant qu’à partir de là, il faut parcourir environ 8km pour arriver au point de départ des chemins de randonnée. Il y a des vélos à louer pour 120 pesos, histoire d’arriver plus rapidement.

 

 

Maaaiiiis non, qu’on se dit, de bon matin, 8km dans la pampa, on les fait les doigts dans le nez !! ça va être une chouette balade !!

Dès le début de la loooonnnngue route, Rodo aperçoit furtivement un road runner!! (vous savez, le bip bip trop rapide pour le coyote !). Avec un peu de chance on en croisera un autre !

Alors on s’est mis à marcher en direction des lointaines montagnes qui se dessinaient à l’horizon…

route de terre Las Quijadas

 

On a pas revu de road runner, ni d’autre bestiole malgré les panneaux prévenant de leur présence.
En revanche, on a longé le site archéologique « hornillos de hualtaran » : de grandes étendues de part et d’autre de la route, qui ont été, il y a quelques centaines d’années, occupées par les colons espagnols. En témoignent les poêles en argile et autre outils de découpe du bois mis à jour par l’érosion.

Au bout de 4km à voir les montagnes au loin qui n’avaient pas du tout l’air de se rapprocher, on a commencé à regretter les vélos…
Mais deux touristes argentins très sympas nous ont pris en stop pour les derniers kilomètres. Et vu le trajet qu’il restait encore à faire, je les remercie mille fois !!

 

pancarte chemins de randonnée Las QuijadasSur les cinq chemins de randonnées proposés à la Quijadas, seuls trois sont accessibles sans guide. Et bien entendu, ce sont les autres qui nous intéressent le plus…

En discutant avec le couple qui nous a pris en stop, on apprend qu’un guide doit venir à 13h pour proposer une rando, à nous de voir ensuite avec lui laquelle.
Cool, on a qu’à se faire les petits chemins ce matin, en attendant le guide pour se lancer dans une plus grande aventure.

 

L’entrée à proprement dit du parc nous donne déjà un petit aperçu de sa grandeur et on a les yeux qui brillent : aujourd’hui, on va se régaler !!

 

 

» Sendero de Flora

On commence par le petit sentier botanique : parcours sableux le long duquel des panneaux de bois indiquent le nom des arbustes. Au bout du chemin, deux miradors offrent une magnifique vue de la vallée et de la Sierra.
On en prend plein la vue ! Les énormes rochers oranges, rouges, découpés dans le vide, les lointaines et massives montagnes qui délimitent la Sierra, la vallée creusée par le rio asséchée…

 

 

» Balcon Norte, Balcon Sur

Pour accéder aux « balcons » nord et sud, on évolue dans les crevasses formées par l’érosion. Le paysage est aride, rouge, on a l’impression d’être perdu dans une enclave rocheuse…
Les balcons offrent une vue extraordinaire sur le Potrero de la Aguada, sorte de gigantesque amphithéâtre naturel délimité par les falaises de Las Farallones et las Sierras del Potrero.
Au centre, on devine le lit d’un cours d’eau complètement asséché, et dont les roches, bizarrement, semblent blanches.

 

Bientôt 13h, il est temps de rejoindre l’entrée du parc. On attend le guide à l’ombre de la grande structure qui doit probablement accueillir un restaurant en pleine saison, mais qui là, est complètement vide!
Une ribambelle de petits oiseaux colorés nous tient compagnie et c’est plutôt joli à voir!

 

oiseaux junes et bleus sur un banc Las Quijadas

 

 

» El sendero de Las Huellas

A 13h presque pile, Daniel, notre guide du jour, arrive en vélo.

visage du guide de las QuijadasD’autres personnes sont également arrivées entre temps. Certaines avaient réservé la randonnée de Las Huellas. On n’a donc pas pu négocier autre chose, mais en revanche, on s’est joint sans aucun problème au groupe.
La visite a eu lieu en espagnol, tous les autres touristes étant argentins, mais Daniel a été super sympa, et venait systématiquement nous expliquer la visite en anglais. Il nous a guidé à travers les grands espaces de La Sierra, nous a expliqué la formation géologique de la région, le nom des roches, leur âge…

 

On peut ainsi vous dire que les roches de la Sierra ont été formées par sédimentation, et c’est l’érosion par l’eau subie pendant des centaines de millions d’années, qui leur ont donné la forme que l’on peut aujourd’hui observer.
Cette érosion est encore très importante de nos jours, puisque par exemple, les petites enclaves présentes à l’entrée du parc ont été creusées en à peu près 20ans, pas plus !

El Potrero del Aguada, en contrebas, est effectivement parcouru par un rio qui ne coule qu’en saison des pluies, c’est à dire l’été. Lorsque son lit est asséché, on peut y voir des traces blanches, qui sont en fait des résidus de sel laissées là par l’évaporation de l’eau.

 

roche rouhe et blanche sel Las Quijadas

 

 

» T-Rex est passé par là!

La formation générale de La Sierra date de plusieurs centaines millions d’années, en témoignent les fossiles qui s’offrent à la vue de qui sait les voir…

C’est vrai que quand on a su qu’il y avait des fossiles de dinosaures, on s’attendait à un truc quand même impressionnant, genre remake de Jurassic Park !!

Il s‘agit en fait de fossiles de vers de terre et de racines de plantes, et heureusement que Daniel est là pour nous les montrer parce que sans ça, les observer est loin d’être évident.

 

guide et empreinte fossile de dinosaure Las QuijadasMais il y aussi des fossiles de dinosaures !!!! Waaaaahhhh !!…

Enfin des empreintes fossiles…  des traces de pattes de sauropodes qui dateraient de plus de 100 millions d’années quand même!
Daniel nous fait une petite explication sur le « comment on sait qu’il s’agit de traces de dinosaures ?», selon l’inclinaison des empreintes, leur profondeur, le matériau, les analyses isotopiques… et ça, c’est plutôt intéressant !

 

Mais bon, pour le fossile de tyrannosaurus, faudra repasser !

 

 

 

» Contemplation…

Au bout de la rando, Daniel nous amène sur un gros rocher qui surplombe tout le parc. Sous le soleil et la chaleur, entourés par ce paysage de ouf, on se pose et on profite… Un régal !

Il nous faudra une quarantaine de minutes pour retourner à l’entrée du parc.

Il est encore tôt, on se ferait bien un autre parcours ! Mais la rando des Farallones, vers le canyon, n’est accessible qu’avec guide et dure 5h. Trop tard pour aujourd’hui. Quant au chemin des Guanacos, il nécessite de s’enregistrer auprès de l’accueil (vous savez, l’accueil qui est 8km de l’entrée du parc !!).
Ça, ils nous l’avaient pas dit ! Si on avait su, on se serait enregistré tout de suite !

Et puis on réfléchit… Tous les touristes du groupe vont repartir avec leur voiture. Si on reste là, on est bon pour se retaper les 8km à pied, et à vrai dire, on en a pas trop envie.

Un peu à contrecoeur, on se fait donc embarquer en voiture par un autre couple d’argentins super sympas (ben oui, que voulez-vous ils sont tous sympas ici !) qui nous dépose sur la route…. Où on doit reprendre le bus pour San Luis.

 

route de terre oleil dans le dos Las Quijadas

 

 

» STOP! Ou pas…

Oui mais voilà, il est juste 17h, et le bus est censé passer vers 20h30…
Rien que d’y penser, on est blasé ! Mais on a pas le choix, y a qu’un bus qui s’arrête ici…

Alors voilà, on est planté au beau milieu de la grande route , il fait beau et chaud, le coucher de soleil risque d’être magnifique ! Mais 3h30 à attendre… Pfffff…

Comedor Las QuijadasDerrière nous, il y a quand même une espèce de maison, et une pancarte qui indique « Bebidas ». Bon, on va au moins aller se désaltérer.
On entre, il n’y a qu’un garçon d’une dizaine d’années en train de faire ses devoirs dans une grande salle avec des tables, des chaises, un vieux comptoir… Et tout est vide hormis une table avec une assiette de restes de poulet…
Le garçon, en bon gérant, nous vend une bouteille de soda et on s’installe sur les chaises toute cassées de la terrasse.

 

A côté, une petite maison sans porte, avec trois gamins, de quelques mois à 8 ans environ qui jouent dans le coffre d’un vieux pickup. Et puis… Daniel, qui arrive sur son vélo… C’est sa maison !

On va le voir, on lui explique notre petit problème de timing, et on lui demande s’il n’aurait pas un bout de carton et un crayon pour faire une pancarte.

Ben oui, tant qu’à faire on va essayer de faire du stop !

Homme avec pancarte autostop Las Quijadas

Avec notre belle pancarte, on a bien tenté de trouvé un véhicule mais… Nada!
Et puis, vers 18h30, un bus de la même compagnie que le nôtre arrive dans notre direction ! On lui fait de grand signes, il s’arrête sur le bord de la route.
On lui explique qu’on a un billet pour 20h30, mais qu’on attend déjà depuis deux heures, et qu’ils serait sympa de nous prendre, vu qu’il va au même endroit !

Au début, le chauffeur refuse : c’est pas le bon bus, en plus il est de classe supérieure au nôtre. On le supplie… Et, grand prince, il finit par accepter !! On est refait !!

 

Super contents, et exténués par la journée, on s’écrase dans de superbes fauteuils en cuir, devant un bon film. On arrive à San Luis vers 20h… On ne serait même pas encore partis de las Quijadas si on avait du attendre le bon bus !!

 

» Les anges gardiens

Il fait nuit noire, et pour rejoindre la maison de Diego, on arrête un colectivo en direction du centre ville. Pas de chance, c’est un bus à carte : il faut payer avec une carte d’abonnement… qu’on a pas !
Pas de souci, la conductrice demande aux passagers si quelqu’un peut nous donner deux trajets, et une dame accepte tout de suite ! On veut lui payer les tickets, mais elle n’acceptera que quelques pesos en dédommagements.

Arrivés à notre arrêt, une autre dame nous prend en charge :

« Vous allez où les jeunes ? A San Martin ? Ok, venez avec moi, je vous montre le chemin ! »

Et nous voilà partis, accompagnés de notre guide improvisé, à travers les rues de San Luis. Le chemin, on le connaissais très bien ! Mais ça a été un vrai plaisir de discuter avec cette charmante dame, qui connaissait toutes les âmes du quartier et nous a indiqué les bonnes adresses de resto où déguster de la bonne viande. Elle nous a laissé à quelques rues de chez Diego, en nous embrassant et nous souhaitant bon voyage. Super rencontre !

 

Décidément aujourd’hui, entre Diego, Daniel, le chauffeur de bus et les dames du colectivo, on peut dire qu’on a été bien aidé ! Les argentins sont cool, rien à dire… sauf merci !

 

 

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J3 : Repos et bonne bouffe

 

» Al Chino!

Le temps n’est pas top aujourd’hui ! Il fait froid, il y a beaucoup de vent, et on a des courbatures et des cloques aux pieds… Bref, on est pas trop d’humeur à vadrouiller.
On est quand même allé manger dans un des restos recommandés par notre guide improvisé d’hier soir : « Al Chino » qu’elle nous a dit… Ah  oui, en fait, il s’agit d’un buffet chinois à volonté… Avec un mélange de tout : empanadas, spaghettis, sushi, grillades…

Même pas peur, on y est allé. Diego s’est d’ailleurs gentiment moqué de nous quand on lui a dit ! N’empêche, on y a bien mangé, et surtout on a enfin dégusté une viande, mais alors… DE-LI-CI-EUSE !! Spécialité argentine apparemment, recommandée par le grilladin… une tuerie !

C’est quand même un comble que la meilleure viande qu’on ait mangé en Argentine jusqu’ici ait été servie dans un buffet chinois…

Le reste de la journée : OFF !

 

» Al Italiana!

Le soir, on a quand même décidé de cuisiner pour Diego : rien de bien original, des spaghettis bolognaises… Ben oui, on est pas encore très bien habitués aux ingrédients d’ici, qui sont quand même bien différents de ce qu’on trouve en France, même dans les supermarchés. Alors on a pas pris trop de risques.
Et on a bien fait, les spaghettis bolognaises, c’est la plat préféré de Diego. Quand on lui a proposé, il a rappliqué direct à la maison !

On a passé une super soirée à discuter avec lui, vraiment, c’était génial ! On a beaucoup rigolé, parlé politique et religion… Ça fait sérieux comme ça, mais non, c’était juste très intéressant !
Une dernière très bonne soirée à san Luis…

Selfie Diego San Luis

 

En Bref, San Luis

La ville de San Luis en soi n’est pas une destination touristique. Cependant, sa proximité avec le parc de La Quijadas en fait un point de chute idéal.
En effet, La Quijadas est une super alternative au parc de Talampaya, que nous avons jugé trop cher et surexploité.
La Quijadas est encore sauvage, naturelle, et offre de nombreuses possibilités d’excursions avec ou sans guide, pour un prix tout à fait raisonnable ! Vraiment, on a adoré la journée qu’on y a passé, on en pris plein les yeux, c’était grandiose !

Et l’accueil chaleureux de Diego a beaucoup joué. Et puis ça nous a donné envie de recommencer le couchsurfing !